A  new day for Heaven , all right reserved
 
LA RENCONTRE
By Alexis David
 
L’univers des gens qui pratiquent la musique dans une même région est tel un entonnoir avec son brassage de différents styles, et son tri naturel. Tous ces musiciens plus ou moins doués sont amenés à se rencontrer au détour de répétitions, d’audition ou de concerts. Puis, au gré des affinités musicales, des influences ou des aspirations de chacun, l’étau se resserre peu à peu, laissant place à des petits groupes de personnes tirant dans le même sens. En général, ces petits noyaux durs forment la vitrine d’un genre bien particulier que ce soit la pop, le rock traditionnel, le blues, le hard rock et j’en passe….Si certains préfèrent se tirer la bourre, ou jouer parfois la carte de l’indifférence vis-à-vis des autres formations, d’autres savent cohabiter et apprendre ainsi du savoir des uns et des autres.
 
C’est ainsi qu’avec mes acolytes Sly et Yann, nous fûmes amenés à côtoyer Stefo et Antho lors de soirées agitées et arrosées, où la musique apparaît comme le sujet de discussion inévitable.
Nous les connaissions déjà pour avoir assister à quelques unes de leurs représentations au sein d’Orenda, et avions pour point commun de partager quelquefois certains de nos membres respectifs – chose qui se fait régulièrement dans le monde de la musique dès lors qu’est reconnu le talent de quelques instrumentistes recherchés tel les batteurs ou bassistes.
Je me souviens d’emblée du respect mutuel que nous nous inspirions eu égard à nos qualités musicales bien distinctes. Nous savions nos influences diverses et pourtant proches, toutefois l’envie de brancher les instruments et de jammer ensemble ne s’est pas faite pas ressentir de suite. Je pense avec le recul, que nous avions besoin avant tout de partager des émotions, des fous rires, de comprendre nos délires et de percevoir nos sensibilités respectives pour que germe lentement le désir de jouer ensemble.
Les soirées se sont donc multipliées naturellement dans cet endroit surnommé la «Barak». Tout d’abord à Fresquiennes puis à Dieppe. C’est là, pour la première fois que nous avons émis l’idée de travailler d’un commun effort autour d’une œuvre musicale d’une vingtaine de minutes sensée être le reflet du heavy metal progressif tel que nous l’aimons.
 
Je pris sur moi d’écrire un synopsis destiné à orienter notre travail, et c’est ainsi que l’aventure démarra en août 2002.
 
La Barak devint bientôt un lieu culte – sorte de cour de récréation propice à la création permanente. A mesure que les idées musicales foisonnèrent et que nous levions le voile sur nos inhibitions,  l’essence même de l’histoire gagna en densité, tant et si bien qu’au bout de quelques séances nous prîmes conscience de l’ampleur du projet, non sans un certain enthousiasme.
A partir de cet instant, les personnages s’étoffèrent tant au niveau de la psychologie que des sentiments, et il bien évident qu’il nous fallu à chacun entrer réellement dans la peau de ces êtres imaginaires. Aussi, nous est-il apparu clairement que nous ne composions plus un simple morceau musical, mais bel et bien un opéra avec tout ce que cela comporte au plan de la mise en scène.
Il nous a fallu bien évidemment combler les failles susceptibles de faire chavirer l’histoire à tout moment, en confrontant nos opinions et nos analyses personnelles de la trame. Toutefois, je tiens à préciser que jamais nous n’avons eu le sentiment oppressant d’être au service de ce projet. Bien au contraire, le simple fait de nous retrouver les week-ends a été un leitmotiv permanent, sachant o combien nos délires, notre saine entente allaient être source de création et de progression quant à l’édifice de cette œuvre.
Souvent, les phases d’inspiration et d’enregistrement nous ont amenées à veiller jusque 5 ou 6h00 du matin, où après avoir repoussé nos limites physiques, nous nous écroulions de fatigue, l’esprit empli de notes et embué de vapeurs d’alcool. Ce sont des instants à jamais gravés dans notre mémoire collective. De ces instants qui unissent nos liens un peu plus fermement, et nous orientent avec bonheur dans la même direction. Les séjours à la Barak ont été révélateurs quant à notre capacité à commettre certains excès.
 
Au fil du temps, nous avons néanmoins pris conscience du travail accompli, et de la montagne qu’il restait encore à gravir. Loin de nous décourager, et poussés par les premiers échos favorables, nous avons décidé coûte que coûte de finaliser un jour ce vaste projet, afin que notre musique prenne son envol.
Quittant malheureusement cet endroit magique qu’était la Barak, il a fallu pour chacun se ressourcer, et trouver de nouvelles motivations quant à l’aboutissement de cette œuvre.
Certains ont donc continué de composer ou d’arranger les chansons, parfois de façon individuelle, d’autres fois en duo, faute de lieu de rassemblement.
 
L’édifice s’est donc érigé un peu plus lentement que naguère, mais a perduré dans sa construction.
Les premières demos ont ainsi pu mûrir et prendre une autre ampleur, confortant nos espoirs et laissant augurer un potentiel que nous savions déjà énorme.
Il va sans dire que ces phases de déconnexion ont été nécessaires. En effet, le projet est devenu grosso modo une partie de nous, une entité presque viable exigeant une énergie et une inspiration de tous les instants. En émerger pour mieux y replonger a été salutaire quant à son cheminement, et a sans doute permis d’évacuer des tensions propres à ce type d’expérience.
 
Vint alors le temps de présenter quelques morceaux en live. L’opportunité offerte d’envisager l’opéra sous une nouvelle perspective.
Printemps 2004, sans fanfaronnade aucune, nous nous retrouvâmes donc sur scène afin d’y jouer pour la première fois 4 extraits, à savoir HEAVENCHILD, TWICE, IN THE FLOOD OF ILLUSIONS et HAUNTED.
Autant dire que nous nous régalâmes sous les vivas d’un public conquis. Après pratiquement 2 années de composition, les premières notes de A New Day For Heaven se révélaient au monde, et devant son approbation, levaient tous doutes sur la qualité de notre travail, en plus de nous rassurer quant au résultat obtenu dans des conditions «live» bien loin d’une digne salle de concert.
 
Grâce à l’élaboration de A New Day For Heaven, chacun a appris des autres, mais surtout de lui-même.
Nous savons désormais lorsque nous nous regardons les uns les autres, ce que nous avons consenti pour cette œuvre. Les esprits se sont ouverts, l’amitié s’est affinée. C’est une expérience que nous avons vécu ensemble sans que personne ne quitte le navire en cours de route. Une épopée longue mais terriblement excitante de par notre amour commun de la musique.
 
Cet enfant est le fruit de notre travail, puisse-t-il dorénavant grandir en toute quiétude….
SITE OFFICIEL
A NEW DAY FOR HEAVEN , All right reserved